mercredi 27 février 2019

Pénuries de médicaments : les antibiotiques aussi sont concernés


La pénurie s'aggrave jusqu'où ?
IDEE. Vaccins, anticancéreux, anti-Parkinson, La pénurie de médicaments s'aggrave. Les antibiotiques ne sont pas épargnés, or ils posent des problèmes spécifiques. Par Céline Pulcini, Université de Lorraine
Fin octobre 2018, le Collectif Parkinson, qui regroupe sept associations de malades, a lancé une pétition, avec le soutien de neurologues, pour dénoncer la pénurie de médicaments (dont le Sinemet®) et réclamer un plan d'action urgent de la part du gouvernement.
Les pénuries de médicaments augmentent en effet en France. Elles frappent en particulier les vaccins, les anti-infectieux dont les antibiotiques, les médicaments des maladies du système nerveux (traitement contre l'épilepsie ou la maladie de Parkinson) et les anti-cancéreux. Le laboratoire pharmaceutique Sandoz, par exemple, avait annoncé en octobre 2017 que son antibiotique indiqué dans le traitement de la syphilis serait en rupture de stock pendant six mois.
Les pénuries d'antibiotiques, de leur côté, posent des problèmes spécifiques et trop souvent méconnus. Explications.

Augmentation des pénuries de médicaments

L'an dernier, les ruptures de stocks sur les médicaments dits « d'intérêt thérapeutique majeur » ont bondi de 30 %, selon les chiffres de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) révélés le 28 février dernier par Le Parisien.
Ces médicaments sont ceux dont l'absence en pharmacie peut engendrer, selon la loi santé de 2016, « un risque grave et immédiat » pour le patient, a rappelé le quotidien. Un produit est considéré en rupture de stock dès lors qu'une officine est incapable de le fournir sous 72 heures. L'ANSM a répertorié près de 530 épisodes de ce type en 2017.
L'Académie de Pharmacie a rédigé un rapport complet sur les causes et conséquences de ces pénuries de médicaments en 2018 et le Sénat a émis en septembre dernier 30 propositions pour y remédier. La France n'est pas la seule concernée par le manque de médicaments : celui-ci touche tous les pays du globe, à des degrés divers. La résolution de ce problème est d'ailleurs considérée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme une priorité mondiale. Une situation préoccupante, notamment en ce qui concerne les antibiotiques.

Les « vieux » antibiotiques, un pis-aller ?

Chacun a entendu parler, un jour, de la pénicilline, de l'amoxicilline, ou de l'Augmentin® (combinaison d'amoxicilline et d'acide clavulanique). Qu'ont en commun ces médicaments ? Ce sont tous des antibiotiques, et qui plus est, tous de « vieux » antibiotiques. La quasi-totalité des antibiotiques disponibles sur le marché existent en effet depuis plus de 20 ans. Ce qui, rapporté à l'échelle de la vie d'un médicament, leur vaut le qualificatif de « vieux ».
Aujourd'hui, ces antibiotiques sont trop souvent considérés comme un pis-aller. On attend impatiemment l'avènement des « nouveaux » antibiotiques promis par la recherche, comme le montre le plan d'action de l'Union européenne sur le front de la résistance des bactéries à ces médicaments. On s'imagine que les anciens seront bientôt bons pour la casse. Il n'en est rien.
Les « vieux » antibiotiques sont efficaces dans l'immense majorité des infections bactériennes courantes, et conserver cette diversité des moyens d'action est primordial. Les médecins les prescrivent tous les jours dans les cabinets en ville et à l'hôpital pour guérir les patients d'infections bactériennes, par exemple les infections urinaires, les pneumonies ou les septicémies - des infections généralisées de l'organisme.
Les « vieux » antibiotiques sont même essentiels à l'humanité, de sorte que l'OMS les a inclus dans sa liste des médicaments indispensables.
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